Juillet 2016
Du nouveau sur...

Les 7 sens, les 2 transductions,
la perception, le monde et moi


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PHILOSOPHIE SAUVAGE


Réintégrer le monde dans la philosophie, réintégrer la philosophie dans le monde.


Dernière mise à jour : mars 2016

La "Philosophie sauvage" (PhS) est exposée sur DEUX sites. Vous êtes ici sur celui d’une anthologie raisonnée : maximes et courts paragraphes classés par questions, les "grandes questions" que l’homme s’est toujours posées (consciemment ou pas). En regard, dans la petite colonne de gauche : liste chronologique des ouvrages publiés d’Alain Sournia.
L’autre site, http://philosophiesauvage.wordpress.com, s’y prend différemment.


QUOI ? QU’EST-CE QUE le monde ?

♫ Pureté, innocence et curiosités primales : "Kekséksa ?" demande Zazie.
Il y a… ceci et cela, mais c’est "je" qui le dit, donc prudence !
Ça bouge, ça change ! et pas n’importe comment. Les changements ont leurs habitudes, les habitudes fixent des lois, les lois composent un ou des mondes.
♫ Ni sensation et perception, ni pensée (même "pure") ne nous livrent la connaissance directe du monde. Elles alimentent seulement le cerveau humain dans ses représentations de l’environnement et, finalement, son édification d’un modèle opérationnel du monde.
♫ Ça se présente toujours par deux, dans ma tête comme dans le monde : un principe universel de binarité*. Cette disposition est-elle seulement dans ma tête ? OU vraiment dans le monde ? OU dans les deux ?
♫ Tous les secrets du monde transpirent et conspirent dans le langage. Que tant de mots soient à double sens en met la puce à l’oreille.
♫ Cloisonnement du savoir, territorialité des disciplines… Chacun son os à ronger et les vaches seront bien gardées, est-ce cela ?

QUE et QUI SUIS-JE ?
Qu’est-ce que c’EST que ÊTRE un ÊTRE ?

♫ Le principe d’identité au sens strict est une énigme noire. Associé aux 2-3 principes voisins, c’est l’embrouille fatale ; c’est aussi la honte de la philosophie : laisser croire qu’on sait de quoi traite ce principe et ce qu’il veut dire.
♫ Il existe bien une science du Moi : une science qui observe, qui expérimente, qui accumule un édifice conceptuel, qui progresse par acquisitions successives, qui élève des théories, qui se réfute. Son objet : le ou les Moi et la conscience. Son nom : égologie* !
♫ Le nombre des Moi est de 1 à 10-12 environ, y compris le "Moi extérieur" ; à moins que ce nombre n’égale celui des instants*.
♫ Le Moi extérieur ? c’est, pour chacun de nous, son empire colonial ! C’est l’ensemble de ses projections, possessions et conquêtes dans "l’environnement" au sens large.
♫ Exister : autre énigme noire. Cependant, on constate qu’exister, c’est interagir et évoluer.
♫ Être : oublier le verbe et le substantif. Seul usage autorisé, pour ne pas tout casser et sous réserve scolastique : comme auxiliaire grammatical.

OU ou ET ? (l’un ou l’autre, les deux, aucun, le contraire)

♫ Les clivages tant ressassés matière/esprit, sujet/objet, apparence/réalité… ont fait long feu, ils n’éclairent plus rien. Mais d’abord, pourquoi deux ?
♫ Il n’y a pas de contradictions dans la nature, pas plus que dans le comportement de l’homme.
♫ Que le mot "contraire" soit banni ! Il n’existe pas de contraires mais, selon le cas, il y a opposition, antagonisme, négation, complémentarité, ambivalence, compétition…
♫ La binarité ? les deux manières pour une chose* de passer de potentialisation à actualisation, de "venir à l’existence". Et à cet instant*, elle devient ceci OU cela.
♫ Holisme et réductionnisme : deux démarches naturelles à pratiquer de manière conjointe et complémentaire.
♫ L’Histoire : hasard ET nécessité, aléatoire ET déterminé, une dialectique. Les deux modes se déroulent conjointement et non alternativement. Et puis… pas seulement l’Histoire !

De QUOI le monde est-il fait ? D’information !

♫ Grandeur physique universelle, biface par nature, l’information* (abrév. : info) est partout, comme l’air que nous respirons sans y prêter attention.
♫ La richesse et la diversité de "la nature" (au sens ancien), la profusion des scénarios, sont sujet d’émerveillement et de confusion. La notion d’info, précisément, permet (seule ?) leur évaluation en termes d’info dans la même unité et à toutes les échelles.
♫ Les lois de création et de conservation de l’info sont quasi inconnues ; une loi a été calculée pour sa destruction (R. Landauer).
♫ Sur la nature de l’info, la PhS a découvert qu’elle est double. En dernière analyse, l’info désigne la double forme, IS et IA (*), sous laquelle la conscience humaine peut appréhender le monde.
♫ Avec la notion d’info, la pensée fait son entrée dans le monde physique et, du même coup, obtient l’accès au domaine dit scientifique. La philosophie n’a qu’à bien se tenir ―c’est-à-dire : collaborer― mais elle fait la sourde oreille.
♫ Parallèlement, sous une forme dite algorithmique (G. Chaitin), l’info atteint le domaine dit philosophique et pourrait le fertiliser.
♫ L’incomplétude n’est pas une tare. Le principe d’incomplétude, dûment généralisé, est universel, comme W. Heisenberg (le physicien lui-même) l’a proposé dans son livre-fantôme de 1942.
♫ L’émergence est un défi à la notion d’info* : avec quoi un nouvel étage est-il construit, qui paye ?
♫ Il n’existe pas (actuellement) de "théorie de l’information" mais il existe un certain nombre de théories DE ou SUR l’information.

COMMENT ça marche ?

♫ Regarder le monde est un acte. C’est s’en couper un morceau, de quelque taille que ce soit, du boson au superamas galactique. C’est encore "je" qui découpe ―ou bien vous. Ce faisant, on isole un système, assez maladroitement, voire une gentille boucherie de systèmes !
♫ Les cinq sens, la raison, l’action… : ahurissant ! La science de 2015 s’en tient à l’encyclopédie d’Aristote. Or on ne peut plus aujourd’hui penser comme Aristote*, ceci dit sans attenter au mérite du génial Barbare.
♫ "Richesse et diversité de la nature" (plus haut) contrastent avec ce que serait, si on l’écrivait, une "Vie quotidienne d’Homo sapiens au millième siècle environ de son évolution". Ce contraste implique une dramatique réduction d’information, une quasi-castration, et conséquemment laisse entrevoir :
― les limitations du langage et de la pensée (mieux : parloir et pensoir),
― la sûreté des intuitions qui ont fait éclore les concepts les plus abstraits,
― les promesses de toute étude qui ne dissocie(rait) pas science et poésie, religion et thermodynamique, etc. sous réserve de conformité aux règles de logique systémique*,
― l’espoir qui niche en tout instant* (et s’évanouit avec lui),
― la puissance de l’évolution technologique (pour abréger) qui entraîne l’homme si loin de toutes ses valeurs les plus chères.

QUAND ?

♫ Le temps n’a d’autre existence que celle d’un instrument de travail pour les représentations mentales et, néanmoins, il existe dur comme fer dans le monde mental, dur comme la barre à mine qui traversa le crâne de Phineas*. Songez à ce malheureux, souffrez une seconde avec lui et retirez délicatement la barre du Temps de votre propre crâne. Et tout devient si clair !
♫ L’instant*, bicéphale comme l’info, vit ce que vivent les bulles.
♫ Observer un électron est, pour l’homme, l’affaire d’un instant. Pour l’électron, l’instant des hommes dure une éternité. Pour les Hindous, le kalpa (4 milliards d’années) dure un instant.
♫ De l’éternité, on ne peut simplement pas parler d’éternité. Basta !

QUE comprendre, COMMENT s’y prendre ?

♫ Partir de la nature, pas des concepts !
♫ Parloir et pensoir sont larrons en foire. Ils se trahissent à toute occasion. Enfants de la balle, très peu surveillés, s’épaulant l’un l’autre, comme des acrobates ils exécutent des performances insensées. Un couple de danseurs vertigineux…, une association diabolique. Ah, s’il ne s’agissait que de jeu !
♫ Il faut savoir se retenir de penser ! Si c’est ce que Wittgenstein voulait dire dans sa célèbre proposition n° 7.0000, bravo !
♫ Pensée et action, pensée ou action, dites-vous ? Mais voyons, la pensée, c’est de l’action, ce n’est pas le contraire de l’action ! Com-prendre est un acte. Le clivage est ailleurs.
♫ On peut parler de tout, mais pas n’importe comment : avec discipline. Rigueur et ouverture ne sont pas incompatibles. Logique et systémique, logique systémique* !
♫ Mieux qu’interdisciplinarité : non-disciplinarité. Les délimitations entre philosophie, science, religion, etc. n’ont aucun degré de réalité, quel que soit le sens donné à ce mot ; il en va de même des subdivisions au sein de ces domaines. Sciences "exactes" et sciences "de l’homme" ou "de la société", suprême aberration ! comme si toutes les sciences n’étaient pas humaines et comme si aucune d’entre elles pouvait se prétendre exacte !
♫ Contre la prolifération des armes verbales : limitation des concepts et notions.

La boîte noire

(Pas la boîte noire des avions, celle des systèmes :
un bloc inaccessible, seulement connu par ses interactions)

♫ Si l’histoire des deux millions d’années du cerveau humain était comprimée à quelques mois, elle prendrait la forme d’une pathologie.
♫ Le cerveau, un ordinateur ? Certes, si on ne le réduit pas à cela. Mais c’est aussi : un transformateur (de multiple en binaire) ; un modélisateur (par représentations superposées) ; un distributeur mixte carotte/bâton (via neuromédiateurs) ; une machine à émergences qui, toutefois, montre aujourd’hui des faiblesses dans l’évolution humaine ; le terrain de jeu du possible et de l’actuel ; et autres choses encore insoupçonnées.
♫ C’est un camp de sélection-élimination de l’info dont l’efficacité devrait étonner plus que celle de la mémoire ; là réside la fonction castratrice évoquée plus haut et de là découlent les effets de robotisation.
♫ Le cerveau régule les fonctions organiques, résout au mieux les conflits inconscients et doit arbitrer, tant bien que mal, les débats au sommet avec… la conscience ! (cf. Président contre DG). Et pourtant, dans l’encéphale, nul n’a jamais vu le Cerveau.
♫ Petite cervelle d’agneau, plissotée et moutonneuse dans mon assiette… Qui donc, pour blaguer, m’en a serti un kilo sur la tête ? Ça ne fait rien, petite cervelle, je t’aime comme ma sœur ! Seulement, il ne faudra point m’en faire accroire : Je ne sçaurais oïr, fût-ce de mon pensoir, comment je dois penser ! (cit. inc., XVIe siècle).

La pensée

♫ Les idées sont des choses, la pensée est de l’action.
♫ ― Je pense que…
― Attention, le mot est un peu fort.
♫ La pensée n’est pas gratuite. Il y a des contraintes physiques à l’acte de penser.
♫ La pensée est système ou elle n’est pas. Mais système ouvert ou fermé ? Souvent les deux : "système fêlé".
♫ Dans la mesure où elle est faite d’info*, toute pensée est sujette à auto-limitation ; étant système, elle est passible d’incomplétude. D’où le triptyque : Information, Système, Incomplétude.
♫ Systémiquement parlant, la quasi-totalité des propositions verbales de caractère "philosophique" sont bancales.
♫ Les vraies questions sont insondables, donc insolubles sinon par l’arbitraire.
♫ Parloir et pensoir : collusion, c’est certain. Mais y a-t-il complot, c’est-à-dire un projet ?
♫ La conscience aime les pensées binaires parce qu’elles incitent à l’exclusion. Remettre le binaire à sa place, c’est l’ouverture, la tolérance, l’amour.
♫ Les pensées binaires font la soupe aux cochons ; il en faut bien. Mais les pensées des gens éveillés traversent les airs et les siècles, quelle beauté !
♫ Le fossé imaginaire entre science et philosophie s’est rempli de disciplines nouvelles : on va bientôt pouvoir traverser à pied sec ! Les temps sont mûrs pour une histoire naturelle de la pensée.
♫ La pensée n’était pas faite pour penser. Quel avenir lui reste-t-il ?

OÙ l’homme va-t-il ?

Homo sapiens (abrév. : Hs) n’est pas achevé. L’aventure se poursuit sous ses yeux.
♫ Exactement comme il en est de l’évolution, l’émergence est un fait d’observation qui foisonne en anthropologie ; c’est son interprétation qui relève de la théorie.
♫ Vivement une bonne petite émergence ! Mais les sociétés humaines semblent ne plus en maîtriser la technique.
♫ Au contraste dénoncé plus haut entre opulence de la nature et indigence du robot humain s’en superpose un autre si l’on considère : d’une part, les exploits de "l’intelligence" aux prises avec la matière, avec la vie, avec même les rigidités et les limitations de la pensée ; ainsi que toutes les merveilles artistiques ou culturelles dont tant d’hommes sont capables ; d’autre part, les échecs et crimes de toutes sortes qui découlent de la bêtise* et démentent les "valeurs" les plus honorées.
Hs, autoproclamé "savant" et doté de "conscience", se trouve ainsi mis face à son évolution ; du moins peut-il s’en donner, comme de toute chose, une représentation. Alors des tâches impératives surgissent :
― positionner les "valeurs humaines" parmi les moteurs de l’évolution ; d’un côté beauté, justice, égalité, etc., de l’autre sélection, concurrence, entropie, etc.,
― définir, même a posteriori, des objectifs pour l’espèce Hs (puisque, répétons-le, celle-ci est réputée sage et consciente),
― démêler les causes de ses échecs (démêler serait déjà très bien !),
― infléchir en conséquence le cours de sa propre évolution.

COMMENT vivre sa vie d’homme ?

Hs ne sait visiblement plus assumer sa double nature d’individu social. Une solution est-elle de développer chez cette espèce le comportement animal d’altruisme déjà connu chez l’homme sous les formes appelées amour, compassion, amitié, etc. ?
♫ Avec "Information, système, incomplétude", vous avez déjà la clef. Ensuite, voyez Sophie* !
♫ Les bibliothèques croulent sous la masse des livres de sagesse ; toutes les choses belles et bonnes ont été dites.
En fait la PhS, arrivée à ce point, doit s’enquérir. Faut-il des règles ? Des règles sont-elles possibles ? Des priorités entre elles s’imposent-elles ? Si oui, comment les choisir ?

Philosophie…

♫ Les Grecs ? Mais certainement, si c’est bien aux Préplatoniciens que vous pensez. Même avec un millénaire de retard, ils ont fait un très beau départ. C’est la suite, jusqu’à aujourd’hui, qui est si triste…
♫ La philosophie (institutionnelle) est une méta- ou para- ou post- philosophie ou encore "métasophie" (dit la PhS), édifiée sur des notions et propositions au lieu de l’être sur la nature. En Occident, elle usurpe le beau nom de philosophie volé aux Préplat’, ceux-ci hypocritement sanctuarisés dans un ghetto doré. Elle suscite, hélas, l’aversion des braves gens et les dissuade de transgresser les automatismes mentaux.
♫ La vraie philo était apparue bien avant et s’est étendue, bien que sporadiquement, à travers toute l’Eurasie pendant un millénaire. Puis survint, à Athènes, la catastrophe locale aux conséquences planétaires […], ce qui nous fait 25 siècles de connaissances à rattraper !
♫ La (vraie) philosophie est une "science exacte", et même la seule ; au demeurant faillible et réfutable comme toute science.
♫ Inscrite dans cette voie, la PhS incite à la contemplation, à la paix intérieure… et extérieure, à la sincérité sans conditions, à l’humilité, à l’amour, à la joie.

♫ À chaque jour suffit sa peine ?
Sans amour, triste rengaine.
Mieux vaut autant se dire, ma foi :
À chaque instant suffit sa joie.

 

 
(*) NOTES
BÊTISE : il y aurait un "contraire" à l’intelligence, mais tous ces mots restent à définir ; voir Jardin. Le prochain programme mondial de l’UNESCO devra porter sur les mécanismes de la bêtise.
BINARITÉ (voir texte) : Dommage que ce mot soit assez laid, mais on ne peut plus rien faire avec "dualité".
CHOSE : tout phénomène, qu’il soit physique ou mental (comme en philosophie bouddhiste).
ÉGOLOGIE : Ce mot qui date de Kant, sinon avant, est déjà oublié, malgré son utilité évidente. Barbarisme ? qu’importe ! le sens est immédiat.
GÉRONDISME : (Nouvelle) figure de rhétorique par laquelle sont confondus ou intervertis les deux termes d’un dipôle sous-jacent du type état/changement ou structure/action ou potentiel/actuel…
INFORMATION : IS et IA désignent les deux natures de l’info.
La première (structure) → système → incomplétude (comme exposé dans Le monde mental) ;
la seconde (action) → interaction → évolution.
Curieusement, on retrouve un couple bien connu de la philosophie académique : l’être et le devenir.
INSTANT : considéré ici comme situation saisie par la conscience. La nature de l’instant est double : IS et IA, comme celle de l’information (cf. préc.).
LOGIQUE SYSTÉMIQUE : règles de pensée dont se recommande la PhS mais dont elle n’a (encore) fourni que des ébauches de formulation (voir, par exemple, les Exercices, chap. "Système".
PHINEAS : Phineas P. Gage (1823-1860), mineur des Chemins de Fer américains, victime d’un accident qui fit de lui l’un des premiers sujets célèbres de la neuropsychologie. 
SOPHIE : de soph- et sôph- (grec), sage. Le philosophe est celui qui chérit (cultive) la sagesse.
 
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